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photos : Yves Gabriel

l'accueil d'ismael stamp

—théâtre musical—

 

Depuis qu’Ismaël a quitté le ventre de sa baleine, après y avoir passé trente ans, il n’a qu’une idée en tête, se rendre à Zanzibar.
Et pourquoi Zanzibar ? Parce qu’il se rappelle que quand il vivait toujours dans le ventre de la baleine, ils étaient passés au large de cette ville. Le chant lui résonne toujours dans les oreilles, Zanzibar… »
Dans ce curieux voyage intime, Pieter de Buysser fait la biographie d’un personnage émouvant et hors du commun qui, en se heurtant au monde moderne et inconnu, découvrira une réalité qu’il ignorait et se révélera à lui-même. Une seconde naissance, celle d’un homme multiple, doté d’une force révolutionnaire joyeuse…

 

William Blake, 1806

la production

Théâtre de Galafronie

le CORRIDOR

Les filles de Hirohito

 

la diffusion


Théâtre de Galafronie
Pascale Vanbressem
41, rue des Coteaux
1210 Bruxelles
Tel : + 32 (0) 2 217 88 08
Portable : + 32 (0) 474 21 44 99
Fax : + 32 (0) 2 217 32 70
Courriel : pascale@galafronie.be
Site : http://www.galafronie.be

 

la distribution


Texte : Pieter De Buysser
Musique, Chant, Jeu : Daniel Bajoit et Jean-Bastien Tinant
Concept et mise en scène : Dominique Roodthooft
Image scénographique et scénique : Raoul Lhermitte
Réalisation scénographie : Guy Carbonnelle, Karl Autrique
Son et régie : Olivier Trontin
Lumière: Jef Dubois

 

la naissance du spectacle

C’est suite à une résidence au CORRIDOR, que le projet est né. Le texte de Pieter De Buysser — l’accueil d’Ismaël Stamp — retenait mon attention depuis 4 ou 5 ans. Après avoir pris connaissance du travail des Filles de Hirohito (Jean-Bastien Tinant et Daniel Bajoit), je les ai invités à venir rencontrer l’univers de Pieter, … en faisant du rock... Et la rencontre est devenue un coup de foudre. Cette intuition de présenter ce texte tout en musique et en chanson devenait une évidence. Evidence aussi d’associer La Galafronie en tant que coproducteur parce qu’il nous semblait que la forme et le contenu pouvait accrocher le jeune public adolescent. Ce partenariat s’ancre dans notre démarche qui est celle de réunir des moyens de productions et de diffusions les plus diverses pour nous permettre d’élargir les publics, de les mixer et de trouver un terrain commun où des spectateurs d’origine diverse peuvent se retrouver pour partager ensemble un objet artistique. L’accueil d’Ismael Stamp rencontre ces possibilités, son sujet contemporain et sa force poétique et politique parle au delà des clivages établis. Tout le monde peut se retrouver dans ce texte, tout le monde peut y rencontrer matière à réfléchir, à ressentir, à rire et à se transformer.
Entre théâtre, chansons et musique, le récit de ce voyage se fabriquera devant nous. Pas d’image spectaculaire, pas de représentation visuelle mais un univers de sons, de mots et de lumières, construit en direct pour nous permettre de cheminer librement dans l’émotion, la pensée, la poétique et la politique. Un texte exigeant, devenu par sa forme et l’interprétation, un spectacle pour tous.

les intentions


La vision du monde la plus répandue est celle qui nous dit que le monde est fichu. Elle nous entraîne vers le repli sur soi, l’abandon des utopies et le cynisme. Nous préférons adopter une autre vision du monde : celle qui nous dit que l’homme n’est pas terminé. Une position qui nous permet de penser, cheminer et inventer d’autres lendemains. Un endroit où l’on fabrique des hommes capables d’agir, de coopérer et d’inventer. Pieter De Buysser, dans sa manière de raconter l’histoire d’un exilé, ouvre la voie poétique et philosophique de l’optimisme, de la critique joyeuse. Ce spectacle, en prenant le pari de raconter toute l’histoire en musique et en chanson, nous ouvre la voie d’un optimisme critique (et non béat). Il placera le jeune spectateur dans la position d’un homme centré vers l’ouvert et le possible joyeux. Et ce malgré la gravité du sujet.


Et comme le dit Chomsky, quelqu’un qui soit optimiste ou pessimiste peut être au bout du compte une question de personnalité sans intérêt. La question importante serait celle-ci : la première est d’assumer qu’il est possible d’améliorer les choses, la seconde est qu’il n’y a rien à faire. A partir de là, c’est le pari de Pascal. Si j’opte pour la seconde alternative, si je considère qu’on ne peut rien faire, alors on peut garantir que le pire va survenir. Si je fais le choix optimiste, alors peut-être que ça va changer. On ne sait rien d’autre.

 

la mise en scène


Deux tapis « pop argenté » qu’ils dérouleront sous leurs pieds, constituent l’espace scénique. Une sorte de cyclotron portable, qui créera un fond et un sol, toujours le même. Sur une scène mais aussi dans un réfectoire d’école ou une salle polyvalente. L’objectif est de créer un espace, que l’on peut emporter et déballer partout.
Le dispositif sonore mis en place par les filles de hirohito rend autant possible le bruitage et la création d'un univers sonore pour un spectacle que la musique et les chansons pour un concert rock. Les deux se côtoient pendant toute la durée de la représentation.
Un univers de sons, deux musiciens/narrateurs accompagnés de tout un « bazar » faits de machines et de câbles, d'instruments de musique électriques et acoustiques, et parfois étranges, de bols, de verres, et d'autres machines actionnées par les pieds. Ils déploient une scénographie minimale, un sol sur lequel ils pourront raconter, scander et chanter l'histoire d'Ismael Stamp tout en manipulant les instruments et les machines.
Comme Moby Dick, avec lequel le texte de Pieter de Buysser entretient des liens pas si sous-terrains que ça, l'histoire est racontée au passé, comme le récit d'une expérience vécue et maintenant prête à être accueillie dans les mémoires. A partir de la question de savoir qui raconte réellement cette histoire, les deux acteurs, musiciens, chanteurs vont se partager le récit et dérouler l’histoire sous nos yeux. A la rencontre entre un imaginaire fait de sons, et qui s'échine à trouver de la musique dans toutes choses, et un imaginaire de mots, à la lisière entre le conte et la philosophie, il sera moins question de « représenter » Ismael que de l'accueillir et solliciter sa présence, afin de le présenter dans tout ce qu'il est.

 

Extraits du texte

 

Zanzibar la merveilleuse

Je suis là

Je suis là

Zanzibar Zanzibar la merveilleuse

Je viens à toi.

Le ventre plein, je me suis couché, j’ai ronflé. Le soleil n’était pas encore levé que je me

suis éveillé à cause des camions allemands. J’étais couché dans l’herbe, à côté de l’entrée de

l’autoroute. Les yeux dans les yeux, avec de magnifiques arbres-monstres, cubiques,

sur le point d’éjecter un orage de leur acier.

Dans le ventre d’un de ces camions, c’est là que je voudrais m’étendre. J’ai remonté la bande où ils toussaient, au pas, l’un derrière l’autre. Discrètement, j’ai posé le pied sur l’arête chromée de la queue d’un des spécimens les plus solides. J’essayais prudemment d’éviter les yeux qui guidaient l’arbre-monstre derrière moi, j’ai détaché la toile et soudain, une fois de plus, un vaste espace, qui tremblait doucement, s’étendait devant moi. Comme je voulais entrer ! Plus je m’y enfonçais, plus je retournais le couteau dans la plaie, je devais dire adieu à ma baleine. Plus jamais, ça devenait clair, je ne retrouverais la même chose qu’avec elle… Je me suis endormi et j’ai rêvé d’avant, des bruits dans le port de Djibouti. Oh ces matinées dans le ventre de la baleine ! Quand nous nagions et que personne ne nous voyait, oh le tintement des mâts, le froufrou de leurs filets !



l’auteur


Pieter De Buysser est né à Kapellen (Belgique) en 1972. Après avoir suivi une formation théâtrale et étudié la philosophie, il s’essaie successivement à l’écriture de pièces pour le théâtre, à la mise en scène, au cinéma et publie régulièrement des textes critiques. Son écriture semble avoir hérité du mysticisme et du surréalisme de la tradition flamande, y ajoutant ce qu’il qualifie d’« une force révolutionnaire tranquille, intime, lente et intérieure » qui oppose une résistance au cours impitoyable des choses.

extraits de presse

« Un personnage issu d’une baleine entreprend une odyssée qui le mènera à Zanzibar. Un spectacle rock qui parle de l’émigration, des sans papiers, d’une espérance en des pays meilleurs.
D’entrée de jeu, il est clair que ce ne sera pas du théâtre au sens traditionnel du terme. L’éclairage du plateau est celui, polychrome, d’un chanteur de variétés ou de rock. Le matériel étalé sur les planches est celui de musiciens doublés d’ingénieurs du son. La représentation commence à la façon d’un récit mis dans la bouche d’un conteur.…
…La trame de l’histoire ne craint pas les invraisemblances, l’imagination sans bride, les accommodements avec une logique qui lui est propre. L’environnement narratif, par contre, est celui bien réel du déséquilibre écologique, de l’immigration clandestine, de la disproportion économique entre pays et continents, des doctrines sécuritaires, des catastrophes annoncées. Pour son tour du monde, il s’embarque aussi du côté de la mort acceptée comme conclusion normale de la vie, du côté des puissants coupés de la réalité quotidienne des citoyens ordinaires… »

Blog Rue du Théâtre - Michel Voiturier 23/08/2010

« Poème épique conté à la guitare électrique par un comédien, Jean-Bastien Tinant, bourré de talent, d‘énergie et de présence, idéal pour servir le texte du Flamand Pieter De Buysser qui alterne entre politique et poésie, « L’accueil d’Ismael Stamp » ressemble à un concert de rock chambré. Daniel Bajoit donne à Jean-Bastien Tinant une réplique nuancée, et les deux comédiens assurent le son en live. Depuis qu’il a quitté le ventre, Ismael comme le narrateur de « Moby Dick », rêve de Zanzibar, mais se retrouve à Bruxelles, au Petit Château. Habité par son personnage, Jean-Bastien Tinant nous mène bien plus loin encore. Intensité et réelle performance d’acteur. »

La Libre Culture – Laurence Bertels 01/09/2010

« Le Théâtre de Galafronie, Corridor et les Filles de Hirohito se sont associés pour cet étonnant spectacle mis en scène par Dominique Roodthooft. Un conte fantastique de Pieter De Buysser où un jeune homme sorti du ventre d’une baleine rêve de rejoindre Zanzibar et endosse sur son chemin, toutes les identités que les autres veulent lui coller. Un objet inclassable, où la musique et le son donnent la réplique au texte dit, psalmodié, eructé, chanté… Mention du jury aux Rencontres de Huy… »

Le Soir - Jean-Marie Wynants 08/09/2010

 

revue de presse

 

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le Soir -Tous en scène 08/09/2010

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la libre culture 01/09/2010

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