sur les traces d’oskar serti

DA3— poème épique en trois tableaux—

Les spectateurs, conduits par les guides Hermanus et Tatiana, sont transportés en car dans le monde imaginaire d’Oskar Serti, écrivain exilé, né à Budapest et mort à Amsterdam, inventé par Patrick Corillon, artiste plasticien belge.
Un voyage qui les amène sur les lieux où Oskar Serti vécu une dizaine d’année – le temps de la grande guerre, de sa convalescence et de sa passion avec Catherine de Sélys - suite à un enlèvement toujours inexpliqué…

 

d’après l’oeuvre de Patrick Corillon
Fernando Pessoa

création et diffusion

Septembre et octobre 2000 : L’Aire Libre à Saint-Jacques
de La Lande et Théâtre de la Balsamine à Bruxelles.

Mai 2001 : La ferme du buisson à Marne-La-Vallée,
La Rose des Vents à Villeneuve d’Asq, la Maison la
Culture à Tournai, le Festival des Arts Forains à Namur ;

Juillet 2001: le festival Paris Quartier d’Eté avec
le Centre Pompidou à Paris

63 représentations

coproduction :

Théâtre de La Balsamine, L’Aire Libre, Le Théâtre de Namur, Bruxelles 2000, la Ferme du Buisson, le Centre Pompidou et Paris Quartier d'Eté

subventions et Aides :

La Communauté française - Service du Théâtre et Théâtre et Publics.

l’équipe

Dominique Roodthooft (conception, mise en scène), Jean-Michel Balthazar, Mireille Bailly (interprétation), Philippe Henry (scénographie), Véronique Delmelle (musique), Vincent Fortemps-Speculoos (graphisme), Paco (assistance technique), Rüdiger Flörke (régie générale), Denis Closset (délégué de production), Philippe Kauffmann (production).

le traitement

Ce spectacle a pris la forme d’une visite guidée en car dans laquelle la réalité des lieux et les aventures fictionnelles d’Oskar Serti se rejoignent étroitement pour devenir finalement un voyage au cœur de l’imaginaire de chacun.
Anti-héros par excellence, la vie d’Oskar Serti est traversé par la thématique de l’échec, l’impuissance, le désordre, le chaos intime mais aussi la volonté absolue d'être au monde. Tout cela lui confie une grande puissance imaginative.
Le spectateur est emmené dans la nuit à la rencontre de zones périphériques, de champs en friche, chantiers en démolition ou en construction, HLM, zones industrielles, dans des lieux où le passé et le futur sont indéterminés. Il est amené à travers la biographie intimiste d’Oskar Serti à donner un sens à ces territoires vagues.
C’est une promenade dans l’histoire d’une vie à travers le spectre de l’infiniment petit qui définit l’infiniment grand… dans lequel les fonctions du mystère continuent à servir de clef d’interprétation.

Dominique Roodthooft
extraits de presse

Au terme de l’excursion, balisée d’anecdotes, de digressions et de chansons, Oskar Serti reste un mystère, c’est sûr, qui rime, c’est là son alchimique réussite, avec nos secrets microscopiques. Quand il s’agit de traces, l’intime est en jeu, l’angle de vue varie. Et l’humour y souffle un cocktail de miel et de piment.

M. Baudet, La Libre Belgique, 4 octobre 2000

… Drôle et surréaliste, le spectacle donne l’occasion au duo d’acteurs de témoigner de son à-propos et une nouvelle fois de son talent. Et il nous fait voyager dans une belle poésie…

C. Prouvost, Le Soir, 29 septembre 2000

Un projet original et une amusante équipée au cœur de l’imaginaire… Nous ne dévoilerons pas les surprises qui émaillent cet étonnant mini-trip nocturne, corsé de savoureuses trouvailles…
Ce spectacle permet de découvrir les vastes domaines de l’imaginaire et offre au public, consigné à l’intérieur du véhicule, une occasion de se réjouir.

L. Van de Walle, Le Vif L’Express, 29 septembre 2000

Deux éléments majeurs dominent la biographie d’Oskar Serti dans son exil rennais : son activité de botaniste et ses amours adultères avec la belle Catherine de Sélys. Curieuses anecdotes et pointes d’humour vont ainsi ponctuer une virée en bus ouverte à l’inattendu…Mais la plus belle réussite de cet étrange attelage est d’arriver à laisser passer dans ce qui pourrait n’être qu’une ambiance « colonie de vacances », un sentiment de mélancolie quand, des hauts-parleurs du car, le doux souffle d’un saxophone vient prolonger certains souvenirs d’Oskar Serti…

M. Trouadec, Ouest-France, 13 septembre 2000
revue de presse
DA1

Le courrier de l'Escaut
05/01

DA1

La Meuse - 05/2001

DA1

La Libre Culture
10/2000

DA1

Le Soir - 09/2000

DA1

Les Carnets et les Instants - 09/2000

DA1

Le Vif/l'Express
09/2000

DA1

Ouest-France
09/2000

DA1

Ouest-France
09/2000

DA1

Le Soir - 09/2000

DA1

Theâtre et Transports
09/2000

DA1

L'Info Métropole 09/2000

 

extraits

1. L’ENLÈVEMENT (Hermanus, car en mouvement)
Le car démarre pendant qu’elle range les affaires d’Hermanus

Tatiana:“Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Bonsoir. Bienvenue à bord de notre autocar
Mon nom est Tatiana et voici Hermanus, notre chauffeur.
Hermanus: Mesdames, mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir.
Tatiana: Hermanus et moi-même sommes ravis de passer ce Serti Tour  en votre compagnie et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que cette visite vous soit agréable.
Roulez Chauffeur !
Nous allons partir à la découverte d’Oskar Serti et plus particulièrement des lieux où il vécut ici-même à.......... Et afin que vous puissiez aisément suivre le chemin d’Oskar Serti ici à ........ vous avez devant vous un plan identique à celui-ci (elle montre le plan agrandi). Et donc, nous démarrons exactement, d’ici. (elle montre le départ sur le plan).Dans quelques minutes, nous arriverons sur les lieux de la visite dont vous trouverez le petit plan en face de vous.
Mais d’abord, quelques petits repères biographiques...
Oskar Serti, reconnu en Hongrie comme un des  plus grands écrivains de ce siècle, est né en 1881 à Budapest et mort en 1959 à Amsterdam en Hollande. Éternel exilé, Oskar Serti séjourna à Bruxelles de 1913 à ...heu...1921.
Hermanus: 1922, Tatiana, 1922...
Tatiana: (pour elle-même) bon..., ça..., euh..., ça dépend un peu bon, ... de 1913 à 1922.
Alors, vous devez probablement vous poser la question: comment cet écrivain hongrois atterrit-il ici à ..........?
Eh bien c’est d’une manière tout à fait inattendue et je pourrais même dire rocambolesque puisqu’il se retrouva ici à .......... suite à un enlèvement.
Enlèvement qui à ce jour reste encore totalement inexpliqué. Il y a vraiment là une part d’ombre dans la vie d’Oskar Serti mais par contre, nous savons avec certitude qu’il fut enfermé -ralentis hermanus,-... dans le grenier de cette maison que vous allez rapidement apercevoir  sur votre droite (ou gauche: elle décrit succinctement le lieu dont elle parle). Ralentis Hermanus quand tu passes devant l’endroit  (Hermanus peut montrer également avec son bras)
Ah! Voilà c’est dans cette maison qu’Oskar fut séquestré pendant environ une semaine. Vous pouvez consulter votre petit plan. Nous sommes donc ici. (Elle montre)
Et au dos de votre plan, je vous invite à lire un extrait de son journal intime dans lequel il raconte précisément  ses impressions lors de sa séquestration.

En 1913,  suite à un enlèvement toujours inexpliqué, j’ai passé plus d’une semaine dans une grenier
Les premiers jours de ma séquestration, en l’absence de tout contact avec mes ravisseurs, je passais mon temps à essayer de dénouer le bandeau qui m’empêchait d’identifier l’endroit où j’ étais retenu. Au bout du troisième jour, je parvins enfin à m’en débarrasser... J’eus alors la
chance de découvrir - après un temps d’adaptation à l’obscurité ambiante - que l’aspect général de ma prison se révélait pratiquementconforme à celle que je m’étais représentée mentalement durant lors de mon aveuglement forcé. La seule différence fut que, les yeux ouverts, je ne sentais plus cette présence imaginaire que j’avais continuellement supposée à mes côtés les jours précédents.
Au sixième jour, la solitude m’accabla tellement que je décidai de remettre mon bandeau.

Bien, donc nous savons qu’ Oskar Serti, est resté   à .......... durant une petite dizaine d’années  et c’est précisément cette période que nous allons découvrir ensemble pendant cette visite. Période qui recouvre et sa convalescence pendant et après la  guerre et ses amours tumultueuses avec la célèbre pianiste Catherine de Sélys. Je dois  également vous dire que,  pendant sa convalescence il eut tout le loisir d’étudier la botanique et l’éthologie. Il s’intéressa plus particulièrement aux espèces qu’il découvraient aux abords de l’hôpital et aux alentours de sa maison.
Et vous pouvez vraiment voir sur votre plan: les lieux de séjour d’Oskar sont entourés d’une série de  réserves naturelles.
Nous lui devons d’ailleurs plusieurs découvertes  d’espèces rares, hein Hermanus?
Hermanus: oui oui absolument, dont plusieurs d’entre elles sont  en voie de disparition à l’heure actuelle.
Tatiana: Peut-être alors, grâce à Serti Tour, nous aurons la chance d’en apercevoir quelques unes.
Mais avant d’arriver sur le premier lieu de notre visite, je vous invite à remplir lisiblement s’il vous plaît, la petite fiche d’identité qui se trouve également devant vous. Elle vous sera demandée à l’hôtel où nous passerons peut-être la nuit en cas d’incident.
Les visiteurs sont bercés par une musique (enregistrement de l’instrumental de la berceuse hongroise). pendant qu’ils remplissent une fiche d’identité.

(...)

 3. LES LETTRES (car en mouvement)
(si les écouteurs ne fonctionnent pas, il faudra trouver une parade: demander à Hermanus de s’arrêter uniquement pour que les spectateurs entendent.)
Tatiana: et c’estdu front que Catherine et Oskar échangent une correspondance passionnée.
Et je vais vous faire écouter un fragment de la correspondance qu’ Oskar Serti et Catherine de
Sélys se sont échangés pendant cette sale guerre. Il provient d’une série d’ entretiens avec le célèbre biographe  d’  Oskar Serti qui n’est autre que...
Hermanus:Victor Lurkin
Tatiana:Victor Leurkin
Hermanus:Lurki n...Lurkin
Tatiana: Victor Leurkin. Bien. Alors je vous demanderais de mettre précautionneusement  vos écouteurs. (elle montre comment les mettre comme une hôtesse de l’air le ferait)
 ... avec précaution! ...s’il vous plaît. Voilà. C’est très bien. S’il y a u petit problème d’écoute,vous n’hésitez pas, vous levez la main. Merci.
(Tatiana voyage dans le car pour aider les personnes en difficulté). Une fois que tout le monde a son casque, Hermanus enclenche l’enregistrement après le signal de Tatiana et  les visiteurs écoutent.):
Tatiana: Monsieur Lurkin, à la mort d’Oskar Serti, vous avez hérité de  la correspondance qu’il a entretenue avec Catherine de Sélys pendant la guerre, alors qu’ils étaient devenus amants...
Hermanus: oui, c’est bien cela..
Tatiana: puis-je vous demander de nous en lire une ou deux?...dans celles  que vous préférez...
Hermanus:: ah, oui, (long soupir, il réfléchit), ...l’épisode du soldat breton...(elle fouille dans ses papiers) ... le voilà:
Oskar écrit à Catherine de Verdun où il venait d’être envoyé:

Verdun, le 21 février 1916
Ma Catherine,

Ça y est, maintenant je sais ce que c’est. On s’est fait tirer dessus toute la nuit. Les balles passaient incroyablement bas.
Pour me protéger, j’ai dû me coucher sur le corps d’un jeune breton qui venait de tomber. Je ne le connaissais même pas, c’était un nouveau.
J’étais tellement collé à lui qu’au moment où il a passé l’arme à gauche, j’ai senti son dernier souffle.
J’ai toujours son haleine en moi, cette odeur de tabac. C’est incroyable, son haleine m’écœurait plus que l’horreur de sa mort.
Au petit matin, ceux d’en face sont arrivés. Ils venaient achever les survivants. J’ai fait le mort. J’étais complètement imprégné du sang de l’autre ; je crois que c’est ça qui m’a sauvé.
Je t’en prie, envoie-moi des cigarettes, je lui dois bien ça.
Ton Oskar.

 

Voici maintenant la réponse de Catherine, ...quelques semaines plus tard alors qu’elle se trouvait en mission secrète à Paris.

Paris, le 15 mars 1916.

Mon Oskar,

Ta lettre m’a profondément troublée. Je ne sais si tu me dis la vérité ou si tu me forces à t’avouer quelque chose.
Et bien je vais tout te dire : Il y a un peu plus d’un mois, en allant à la caserne te poster un colis, j’ai croisé ce jeune breton qui allait rejoindre ton bataillon.
Il me faisait penser à toi la veille de ton départ. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je lui ai demandé de me suivre jusqu’à la maison pour y passer ses dernières heures de liberté.
Mais il ne s’est rien passé. Nous nous sommes seulement étendus l’un à côté de l’autre. Je lui ai demandé d’accepter un jeu : que je puisse l’appeler par ton nom et qu’il me réponde comme s’il était toi. Il a joué ton rôle en échange de quelques cigarettes.
Je te jure que je ne me souviens même plus de son haleine.
Reviens moi vite,
Ta Catherine
Merci Victor Lurkin, de nous avoir fait partager ce moment d’émotion...(l’enregistrement se coupe)

Tatiana: Vous pouvez déposer vos casques. (Elle mime puisqu’elle n’est pas entendue).

(...)

7. LES OISYLOS D’INTÉRIEUR ET LES FOIJOI RÉSERVÉS

Hermanus: (il s’arrête le long d’un bas côté). Chers visiteurs nous approchons d’une zone urbaine. C’est ici qu’Oskar serti étudia des plantes qui ne poussent qu’en présence de la race humaine.
(Tatiana est sortie et montre à la manière d’une hôtesse de l’air, des zones où sont rassemblées les graines).Zones éclairées par Hermanus avec son projecteur portable. Terrain avec gravier de préférence.
Chers visiteurs, à la gauche de Tatiana se trouve le terrain des  Oisylos d’Intérieur.
Les graines d’Oisylos d’intérieur ont un tel besoin de chaleur que la plupart d’entre elles se regroupent inconsidérément dans les bandes de terre argileuse dont on fait les briques.
A la droite  de Tatiana, nous pouvons localiser les  Foijoi Réservé -à droite tatiana, l’autre droite!- Ces Foijois nourrissent un tel sentiment de dépendance vis à vis de la race humaine que seule la terre qui s’est glissé sous les ongles de ceux qui la travaillent leur permet d’éclore.
Et au milieu de tout ça, notre petite fleur Tatiana !
(il l’éclaire et elle se cache en riant).

(...)

10. LES PAPILLONS TILOCULES
Tatiana l’attend mais il a disparut.  Elle entend des crissements sur la vitre
Tatiana: Qu'est-ce que c’est?Hermanus!...
(Pas de réponse)
Tatiana: Hermanus?... On entend à nouveau les  grincements des doigts d’Hermanus sur les carreaux à la gauche du car.
Hermanus:oulalalala....ailleaille...
Tatiana: visiblement inquiète: qu’est-ce qui se passe Hermanus? (elle lâche son micro et rejoint Hermanus à l’avant du car)
Hermanus:Des Tilocules Tatiana, des Tilocules appendae...
Tatiana: Oh ...nous sommes passés dans un nuages de Pirotules?
Hermanus: Tilocules, Tatiana, Tilocules. Nous sommes dans la réserve, Tatiana.
(il essaye de frotter le pare brise avec sa main mais n’y arrive pas.) elle grimpe et examine les taches. ...
Tatiana: Avec des mouches bleues cette fois-ci...
Hermanus: Oui on en rencontre beaucoup par ici...
Hermanus pénètre dans le car pour faire aller les essuies glaces et  nettoyer les taches sur le pare-brise.
Il en profite pour expliquer le comportement étrange de ces animaux.
Oskar Serti fut très perturbé en étudiant le comportement des Tilocules. Ces papillons, obsédés par la fugacité de leur vie, tentent de mettre fin eux-mêmes à leurs jours. Ainsi, ils se dirigent vers des routes  et attendent la voiture fatale. Mais le déplacement d’air provoqué par le passage des véhicules fait envoler leur corps trop léger, les empêchant d’atteindre leur objectif.
Avec l’énergie du désespoir, ils regagnent alors l’intérieur des terres, intensifient les couleurs de leurs ailes  et séduisent le premier insecte compact qu’ils rencontrent; mouche bleue, coccinelle ou hanneton. Ceux-ci ne résistent pas longtemps aux charmes violents des papillons qu’ils suivent aveuglément jusqu’au milieu d’une bande de circulation. Là, les papillons se laissent étreindre par leurs victimes, puis referment doucement les ailes sur eux, les entraînant dans leur chute.

(...)

16. LA DÉCOUVERTE DE L’ARBRE

Tatiana (à Hermanus qui arrive devant un arbre): Stop! C’est ici!
arrête-toi, s’il te plaît!  Hermanus! C’ets l’arbre! Ouvre les portes elle se précipite vers l’arbre
C’est l’arbre d’Oskar!  (il s’arrêt et elle sort pour aller vérifier auprès de l’aarbre si c’est le bon.
Hermanus: Tatiana, je vais me garer un peu plus loin.
Tatiana: après une certaine agitation, rentre dans le car par l’arrière en criant, toute joyeuse et essoufflée: c’est incroyable, c’est l’arbre de Catherine et d’Oskar!!!c’est l’arbre! là où il emmenait Catherine pour la dessiner. C’est au pied de cet arbre qu’ils venaient chaque fois se rencontrer... Oskar il adorait dessiner Catherine là-bas...
holàlà, j’aurais jamais cru ça! C’est incroyable!...
Il paraît que la rupture définitive entre Oskar  et Catherine  a eu lieu au pied de cet arbre...En fait, c’était donc après une de leur nombreuse rupture. (elle reprend son souffle)...Oskar était  resté seul pendant quelques semaines puis il avait donné rendez-vous à Catherine pour se réconcilier. Il  voulait  dessiner Catherine comme autrefois au pied de cet arbre, cet arbre  qui  avait abrités leur grand amour. Seulement voilà, c’était l’hiver, il faisait très très froid, il avait beaucoup neigé...et Catherine est venue au pied de cet arbre... Oskar tremblait de froid, mais il voulait la retrouver ...c’était plus fort que tout. Au moment d’entamer son croquis, Oskar éternua si violemment que toute la neige qui s’était accumulée sur les hautes branches se détacha et ensevelit  entièrement la pauvre Catherine.
Catherine disparut dans le blanc de la forêt...
Il se sentit complètement seul...
tout seul,... abandonné de Catherine et du monde entier....
D’un seul coup, la douleur de leur séparation se réveilla....
Et ou lieu de déterrer Catherine,il leva les yeux vers cette branche noire qui, ... et il eu... enfin c’était comme heu ...(elle regarde Hermanus)
Hermanus: comme un signe du destin, une  illumination...
Tatiana: oui voilà, comme une illumination ..voilà pour un bâton de pèlerin... oui.. voilà...Alors il s’est dit bon: cette branche va m’accompagner dans ma nouvelle vie sans Catherine, ce sera mon bâton de pèlerin dans ma nouvelle vie de solitude. Et donc il commença à dessiner mais dans les moindre détails cette branche et plus monsieur Oskar dessinait cette branche et plus il
se sentait fort.
Oui mais plus  la pauvre Catherine elle était gelée...
Et puis finalement ils sont rentrés au village Hein? Hermanus?
Hermanus:  heu oui...oui... Il défit alors le tas de neige où la pauvre était ensevelie depuis quelques minutes et la prit avec lui pour rentrer au village.
Tatiana: et Catherine, elle était raide de froid hein? c’est bien ça? hein Hermanus?
Hermanus: ah oui, et si je me rappelle bien, on raconte qu’il prit bien garde de ne pas trop la serrer dans ses bras pour éviter qu’une chaleur soudainement retrouvée de son corps ne lui rende une souplesse qui lui ferait perdre le souvenir de son cher bâton.
Tatiana: Catherine, il fallait qu’elle reste un bon bâton bien droit hein!???
Non mais!!!!  ... en tout  cas Catherine  c’était terminé hein! plus question... c’était la rupture définitive ... Oskar elle pouvait plus le voir en peinture...(elle rit de sa feinte avec Hermanus) pour  elle ça c’était vraimentla cruche d’eau cassée en trop!
Hermanus: On dit la goutte d’eau qui fit déborder le vase, Tatiana...
Tatiana: oui c’est ça... la cruche d’eau qui fait déborder le vase.. Enfin!... elle quitta Oskar et rentra chez elle.

(...)

21. OSKAR SERTI, RÉALISATEUR DE GÉNIE (Tatiana, car à l’arrêt devant le lieu de départ de la visite.)
Tatiana: Chers visiteurs, nous arrivons à la fin de la visite. 
Après  la rupture avec sa pianiste, nous savons qu’Oskar  quitta ......... en 1921
Hermanus: ...!!!
Tatiana:  (elle coupe Hermanus avant qu’il ne la corrige)ou  1922 suivant les versions et il voyage à nouveau ...il continue  sa vie d’exilé dans d’autres pays, dans le monde entier. Mais à la fin de sa vie, il revient ici, rappelé par la  (TV de la région où l’on effectue la visite). qui  lui commande un film sur sa vie,... un film autobiographique. Après trois années de travail acharné, Serti acheva enfin son film, qui retraçait dans les moindres détails sa vie mouvementée d’exilé hongrois. Mais, lors de l’avant première, les producteurs refusèrent de distribuer un film qui durait plus de sept heures et sommèrent Oskar Serti de le réduire à un maximum de deux heures dix minutes.
Oskar Serti ne pouvait  voir ainsi son œuvre amputée pour une simple question de minutage. Après le départ des producteurs, il resta seul en salle de projection pour visionner une dernière fois son film dans l’état où il l’avait conçu. Il en profita au passage pour photographier l’écran avec un appareil dont le temps de pose correspondait exactement à la durée de son film. Après quoi, il détruisit toutes les copies existantes de son film.
Le lendemain, il laissa sur le bureau des producteurs un exemplaire de cette photographie ,  leur disant que pour lui, cette trace était le seul résumé valable de son œuvre.
Mesdames, messieurs, veuillez ouvrir votre Kit Serti Tour pour admirer cette oeuvre photographique... (les spectateurs ouvrent une enveloppe dans laquelle ils découvrent un carton blanc...vide pendant que Tatiana va annoncer discrètement au rom que c’est ici qu’ils s’arrêtent. Le rom et son gamin descendent pendant qu’Hermanus se dirige vers l’arrière du car. On entend le rom qui remercie Hermanus)
Tatiana: Mesdames et Messieurs, c’est ici que s’achève notre visite. Veuillez remettre la photo dans son enveloppe car ce qui appartient à Serti Tour appartient à Serti Tour. Si vous désirez acheter un petit souvenir de votre visite, veuillez nous retrouver à l’arrière du car)
FIN
Les spectateurs sortent par l’arrière. Les guides les amènent vers le coffre arrière où ils vont pouvoir découvrir une vitrine poussiéreuse éclairée dans laquelle se trouve exposée une série de vêtements avec écussons brodés Serti Tour. Hermanus ouvre son mini-comptoir portatif dans lequel se trouvent exposés: des bics, porte-clés, puzzles et écussons à l'effigie "Serti Tour". Tatiana se charge de vendre les mérites des écussons.... Tout doit partir.

 

 

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